Chez Ruegy

Bienvenue chez Ruegy

Derrière moi

Enregistré dans : Nouvelles — 3 septembre, 2009 @ 3:20

J’ai laissé derrière moi la noirceur de la ville, abandonné les bouges de mes cauchemars et les sombres impasses aux pavés glissants vers un avenir douteux.

Oublié les pigeons qui venaient manger dans le creux de ma main, souriants de toutes leurs dents devant mon air affable.

Fermé la porte à ces souvenirs qui revenaient me hanter les soirs où le sommeil trahissait mes nuits pour s’en aller traîner ailleurs.

J'ai jeté la musique lancinante qui poussait sur ma vieille guitare comme un chiendent les matins d’été, quand je rêvais d’autres lieux, d’autres vies.

Enfin j’ai brisé les amarres de cette histoire trop petite, pris le risque insensé de danser sur le ballon géant de la foire des hommes, bras tendus vers autre chose que le vide qui nous aspire dans le tourbillon des aiguilles de la triste toquante qui siphonne goulument les heures qui nous menacent.

Doucement je me suis éloigné de l’asphalte brillant qui a si longtemps retenu mon esprit fugueur pour reprendre les chemins plus intimistes de la découverte de soi.

Imperceptiblement j'ai changé de cap pour me détourner des récifs où mes rêves allaient se briser. J'ai repris ma vie et cru que je devais réanimer les utopies qui consolaient mes souvenirs.

J'ai lâché le stylo noir pour des crayons de couleurs, serré des mains, réveillé mon égo en me croyant utile, fait parler mon nombril le prenant pour mon cœur.

De jour en jour ce que je pensais facile prenait un mauvais tour, les obstacles se faisaient plus hauts et les barrières infranchissables. Les heures qui s'égrainaient ne m'appartenaient plus, je me noyais dans la spirale du temps les mains vides et le remord amer, certain de n'être pas tout à fait sincère.

Il me manquait l'écriture, l'échappatoire du mensonge, la carte biseautée qui donne bonne conscience. Me dissimulais-je derrière cette prestidigitation ? Je l'ignore et la réponse m'inquiète parfois mais c'est aussi ainsi que j’ai découvert que votre absence me pesait.

Vous, vous m'aviez gardé dans votre souvenir, vous m'aviez fait survivre par ces simples mots déposés ou simplement pensés. Grâce à vous je pouvais encore m'étaler sur la toile dans ce fatras de lettres mélangées qui me font croire que quelque chose existe dans le tumulte de mes idées.

Merci d'être toujours là.



Le vieux bateau

Enregistré dans : Poemes — 24 janvier, 2009 @ 5:22

morbihanun11novembre2.jpg 

Il était là, à quai, depuis longtemps déjà
Rêvassant solitaire aux appels des sirènes
Qui, dans les flots opaques, tourmentent les carènes.
Il se mourait à quai, pourrissant dans son bois.

Tous les oiseaux de mer, mouettes et goélands
Passaient de temps à autres, espiègles et pleins d’entrain,
Lui chanter les tempêtes, les rires des embruns
La java océane au cœur des rugissants.

A deux pas des amarres, à trois longueurs de bouts,
Eveillant son désir de longues ondulations,
La mer, lascivement, caresse sa flottaison
Puis d’une vague plus forte éclabousse la proue.

Et tandis qu’elle se moque de le savoir en peine,
Au rythme des marrées elle fait vibrer son ventre,
L’envie se coule en lui il ne veut plus attendre,
À s’en décrocher l’ancre il tire sur ses chaines.

Le vieux bateau de bois n’a rompu qu’un lusin
Mais déjà il se dresse et prononce le mot oui :
Pour revivre les courses et voguer sur la nuit
Laissant dans son sillage l'odeur des vents marins.

Il était là, à quai, s’étant longtemps cru mort
Epave nostalgique des combats pour l’honneur
Il n’avait plus vingt ans mais entendait son cœur
Se battre pour la vie, pour qu’elle remonte à bord.

Album: Un 11 novembre dans le Morbihan

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Méditation du Dalaï-Lama

Enregistré dans : Le port — 20 janvier, 2009 @ 11:02

Dalaï LamaMéditation sur la timidité

On est aussi timide par désir de se protéger, par excès de conscience de soi.
Mais, paradoxalement, plus on se protège, moins on a confiance en soi et plus on devient timide.

A l'inverse, plus on s'ouvre aux autres en faisant preuve d'amour et de compassion, moins on est obsédé par soi même, et plus on acquiert de l'assurance.”

Dalaï-Lama

Rééducation

Enregistré dans : Chez Ruegy — 10 janvier, 2009 @ 10:45

Ecrire des phrases sans sens
poser les lettres une à une et
y mettre des espaces, des points
en suspension, des traits arrondis
et des très droits.
Retrouver la pensée couler au bout
des doigts, laisser filer la pointe
de carbone sur la blancheur du
papier.
Surtout ne pas relire, recopier
tel quel le manuscrit sans le juger
puis oser. Oser montrer ce qu’on
ne se reconnaît pas soi même.
Oser offrir l’idée.
tracer, tracer, tracer de peur
de s’effacer, sans rature se décrire
sans réfléchir, sans tain, jusqu’à
tomber d’épuisement et sombrer dans
le sommeil. Aveu tristemort. Rien
à signaler, la mine usée par
l’harassant travail. La vie usée par
la douleur. Fatigué de cet exercice
libre. Ne pas chercher à comprendre.
Paraplégique des mots.